Pretty Young Thing

Dans le F train qui m’emmène vers mon nouveau hood, j’écoute Michael Jackson pour m’ambiancer: les rues de Bed-Stuy sont peuplées de mecs assis sur les marches des brownstones et dont la seule activité consiste apparemment à crier aux filles qui passent “I want to love you, P.Y.T.”, ou des choses du même acabit.

Saucissonnée entre un gros Indien d’âge moyen concentré sur la lecture d’un article détaillant “Bollywood’s most desirable single men” et un jeune hitman consultant sur son iPhone une liste de noms italiens (certainement la liste des prochains hommes à abattre pour le compte de la mafia), je tente de calmer la paranoïa qui galope à bride abattue dans mon cerveau. Mon futur coloc le boulanger de Dakar est-il un redoutable Bernie Madoff de l’immobilier sur le point d’empocher un pactole de plusieurs centaines de dolls?

Un peu plus tard, MJ toujours dans les oreilles, me voilà dans le G train en sens inverse munie d’un jeu de clés, d’une quittance de loyer et d’un sac de madeleines dénichées à la boulangerie du quartier. À Carroll St où je change de ligne je vise un panneau indiquant le nom du gérant de la station – je jure sur la tête de Stevie qu’il est écrit: Germaine Jackson.

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