Home sweet home

En l’espace d’un week-end j’ai vu Laurie Anderson chanter à l’Armory, parcouru Brooklyn by night sous la pluie, construit mon lit grâce à un tournevis déniché en pleine nuit chez l’épicier du coin de ma rue, acheté pour 1$19 un mug sur lequel est sérigraphié un billet de 100, participé à un atelier d’écriture créative avec des malvoyants, dansé au beau milieu de l’après-midi à une rave party, mangé les meilleurs tacos de ma vie avec un mec originaire de Paris Kentucky; et bu un whisky extrêmement sour avec la réincarnation de Hunter S. Thompson, un kombucha le lendemain au bord de l’Hudson, et un mauvais Gamay dans un restaurant français. Et j’ai aussi dormi chez moi pour la première fois.

La première chose que je me suis procurée au moment d’emménager, avant le futon, le matelas, la table ou quoi que ce soit, c’est une jolie théière danoise en forme d’oiseau. Pour ne pas la laisser seule sur le grand plan de travail en marbre noir de la cuisine je lui ai rapidement trouvé une comparse, moins gracieuse qu’elle mais très efficace : une grosse bouilloire suédoise en métal brossé qui siège désormais sur notre gigantesque gazinière. Ce n’est que samedi matin que je me suis rendu compte avec angoisse qu’il me manquait encore un élément crucial : une tasse. La cérémonie du thé désormais assurée, la tentation est grande d’enfiler culotte léopard et lunettes à triple foyer et d’envoyer valdinguer toutes ces mondanités pour une petite hibernation dans mon nouveau cocon.

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