‘Til the money runs out

Alors que je commençais sérieusement à me flageller de n’avoir, pour la première fois de ma vie adulte, ni revenus salariés, ni contraintes horaires, ni activité professionnelle, bim, voilà que m’est tombé tout cru dans le bec un nouveau métier: dog walker! J’ai en effet été pistonnée pour m’occuper pendant deux jours du chiot d’un ami de mon colocataire.

Ceux qui me connaissent savent que, sauf feu Djinn Muron qui était tellement frappé que je le suspecte d’avoir été un suppôt de Satan déguisé – paix à son âme cependant – les canidés ne sont pas ma tasse de thé. Mais si Philip Glass a conduit des taxis et que mon créateur de shojis favori a été fabricant de prothèses dentaires (“same thing: make things”, m’a-t-il dit), je ne vois pas ce qui m’empêche d’emmener Wally se promener un peu dans mon quartier.

Il n’y a quasiment personne depuis mon arrivée qui ne m’ait pas recommandé de trouver un petit boulot en attendant de décider ce que je veux faire de ma vie ou du moins de mes journées. Je me suis donc concocté un resume aux petits oignons, moins focalisé “diplômes avec mention, grandes écoles et institutions internationales” que le précédent, et doté à la place d’une longue section “vente et hospitalité”. 

Qui sait ce qu’il adviendra de cet alter ego inventé dont je trimballe avec moi le CV? Je rentrais chez moi ce soir en écoutant Tom Waits, ce qui a le don de me plonger dans un état mental crépusculaire, comme une sorte de douce mélancolie. En regardant autour de moi je me disais avec encore un peu d’incrédulité, “tu vis à New York!”, et je me sentais entourée par tous ceux qui avant moi ont choisi de mener ici une drôle de vie comme celle-ci.

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