Il faisait 76° Fahrenheit ce matin lorsque j’ai quitté la maison chargée comme un baudet: tous mes cahiers, mon ordinateur sans oublier chargeur et adaptateur, un pull à imprimé dalmatien, une bouteille de thé glacé et trois bouquins pour tenir la journée. Sur le post-it jaune fluo dans la poche arrière de mon jean j’avais griffonné “sac à dos” et
“vélo”.
Je suis partie à pied et au bout de ma rue je suis tombée sur un entrepôt de l’Armée du Salut. Je dois avoir un bon karma aujourd’hui car c’est là que j’ai trouvé non seulement le premier item de ma liste de courses mais aussi le deuxième. Sur un portant il y avait donc un sac à dos kaki sans doute oublié là par un Castor Junior étourdi: le raton-laveur et le mot “map” brodé en majuscules sur la poche arrière ont empli mon coeur d’une joie infinie. C’est là aussi que m’attendait un vélo hollandais à pignon fixe dont la peinture turquoise toute écaillée est parfaitement assortie au collier que je porte aujourd’hui.
Quelques détours plus tard (ma poche map est encore vide pour l’instant), les cheveux et le moral au vent, j’ai déboulé à Chinatown où j’ai rapidement dégoté cadenas U et casque blanc dans un mini-magasin tenu par un portoricain. En route pour l’aventure! Sur les quelques encablures d’Eldridge street qui me séparaient de la bibli où je suis maintenant installée l’aventure a déjà commencé : j’ai failli rouler sur un rat écrasé.
