
Ce soir j’ai rencontré un groupe de petits mecs
qu’Almodovar aurait certainement filmés s’il vivait à New York aujourd’hui :
travestis, maquillés, flamboyants, super bien habillés et tous Caribéens et
Afro-américains. Je les avais repérés sur la piste de danse où ils se
déhanchaient comme pour un défilé de mode et j’étais allée en aborder un ;
sauf lui qui travaille pour Patricia Field, la styliste complètement frappée de
Sex and the City, il m’a dit qu’ils étaient tous mannequins. En partant de la
soirée je suis retombée sur mes éphèbes
queer : nonchalamment adossés au mur en briques du bâtiment ils
s’enlaçaient deux par deux par intermittence pour s’embrasser avec indolence.
Je leur ai demandé du feu et c’est comme ça qu’on s’est mis à parler. Celui qui
portait un t-shirt YSL m’a demandé d’où je venais et lorsque j’ai répondu ils
ont gardé l’air blasé qu’ils prennent soin d’afficher, mais j’ai bien vu qu’ils
étaient impressionnés. Eux viennent de minuscules villes d’Arizona, de Floride
ou de Trinidad-et-Tobago, et quand ils m’ont dit ça c’est moi qui ai eu du mal à
dissimuler l’empathie qui m’a envahie.
