Scrooge McDuck

Dans les années 90 mon frère, mon cousin et moi avons passé plus d’un été à lire, relire et re-relire La Jeunesse de Picsou. C’est une BD géniale de Keno Don Rosa qui comme son nom l’indique raconte l’histoire du canard le plus riche du monde, de son premier boulot à Glasgow en tant que cireur de souliers jusqu’à aujourd’hui puisque, c’est bien connu, il vit toujours à Donaldville où il maintient cette extraordinaire longévité grâce à des bains d’or quotidiens. 

La Jeunesse de Picsou est à mon humble avis le meilleur bildungsroman jamais écrit et c’est évidemment au sou fétiche de Balthazar que j’ai pensé lorsqu’en juin j’ai trouvé le matin de mon arrivée une pièce de 10 cents sur mon chemin. Et quand j’ai appelé mon frère un jour à 6h du matin pour dire que c’était quand même dur la vie de cireuse de chaussures, il m’a répondu en guise de consolation que le petit canard, lui, n’avait même pas FaceTime à sa disposition. Il avait bien raison.

Aujourd’hui Nico vit à Paris mais Hugues est aux Etats-Unis aussi, et ce week-end sa femme et lui sont venus de Houston où ils habitent pour passer Thanksgiving à New York. On discutait de la vie ici, qui est à beaucoup d’égards comme la représentait Don Rosa: souvent impitoyable, et magique parfois. On est comme des chercheurs d’or accroupis dans la boue un tamis à la main, espérant trouver la pépite qui changera notre vie, et si on se fait voler sa concession tant pis, mais si un soir on est tout seul en rade au fin fond du Klondike, on se fera peut-être inviter à déguster des mac and cheese rôtis au feu de bois par les cow-boys d’à côté. Jeudi soir on a fêté Thanksgiving tous les trois chez l’amie d’un ami d’une amie d’une amie à moi, et on a été accueillis comme des rois.

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