I am changing this hour

Même une Cartésienne qui ne voudrait pas être seen dead à la Fnac des Halles avec un exemplaire des Hommes viennent de Mars et les femmes de Vénus à la main, peut se découvrir sur le tard une passion pour le développement personnel. Au Whole Foods où je suis installée pour déjeuner, la femme à côté de moi est plongée dans Revolution from within: a book of self-esteem. Je brûle d’envie de le lui piquer.

Tout est de la faute de ces satanés cours de yoga avec leur méthode Coué améliorée. Commencer chaque journée en se roulant sur le dos dans la position du happy baby, ça finit par porter ses fruits. Ce n’est pas scientifiquement prouvé pour l’instant mais de la même façon, s’entendre dire “Fly, superhero, fly” lorsqu’on essaie péniblement de tendre les mains en avant en contractant ses abdos a un effet très réjouissant. 

Les exhortations à prendre activement le contrôle de sa vie sont partout, même dans les rues sous forme de graffiti. Dimanche, sans doute guidée par le message subliminal écrit en lettres de 2 mètres de haut sur Franklin street (”YOU GO GIRL”), je me suis donc aventurée à un cours d’IntenSati promettant de développer mes muscles “physiques, mentaux et spirituels”.

Bon, qu’on se le dise, l’IntenSati, ce n’est pas ma cup of tea. J’ai passé une heure à lancer bras et jambes en l’air tel un poulain épileptique, en essayant vainement de me concentrer sur les affirmations qu’il fallait crier

en même temps. “THIS IS MY POWER”, hurlaient les excités autour de moi, tandis que je me disais, Ah, voilà ce que c’était les mystérieuses épidémies de danse de Saint-Guy: des cours d’IntenSati!

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