Samedi soir je suis allée avec une de mes voisines goûter des cocktails au café à l’inauguration d’un nouveau concept store à quelques blocks de chez moi. Après une heure avec des gens lookés comme s’ils avaient dévalisé le premier étage de chez Colette, mon quota mondanités était satisfait pour la journée et je suis rentrée. J’ai consciencieusement lavé à la main mes vêtements de yoga pour ma séance “Sunday Celebration” du lendemain matin, et puis comme il était 21h et que j’avais un peu mauvaise conscience de me mettre déjà en pyjama j’ai décidé d’aller faire un petit tour à pied dans mon quartier.
Il faisait au bas mot 20 degrés, un vent frais écartait les pans de ma blouse en soie, et je me disais que marcher le nombril à l’air sous les étoiles en écoutant de la pop russe des années 80 était une des activités les plus réjouissantes qui soient. Entre les brownstones recouverts de guirlandes lumineuses multicolores je suis passée devant une dizaine d’églises pentecostales, épiscopales, baptistes, adventistes, chrétiennes et même rastafariennes aux noms plus saugrenus les uns que les autres. Depuis le jour où j’ai mis les pieds pour la première fois dans ce quartier j’ai envie de faire un recensement en règle des lieux de culte avec photos à l’appui: cette fois c’est décidé, ce sera une de mes bonnes résolutions de janvier.
En marchant je préparais mentalement ma valise pour mon retour à Paris. Etant dotée d’une quantité de vêtements invraisemblable outre-Atlantique malgré les tris drastiques que j’ai faits avant mon départ je pourrais voyager vêtue seulement de ma fidèle salopette et de ma nouvelle peluche préférée. Alors que je me demandais quel sac emporter je suis passée devant un tag exhortant les passants en lettres gigantesques à Go for gold. Dilemme résolu, l’oracle a parlé, je prends mon sac doré! J’ai continué ma route d’un pas léger et quelques blocks plus loin j’ai croisé un quidam qui m’a dit: “You have the prettiest walk, sweetheart, yes you do – don’t you lose that walk!”. J’ai souri niaisement et pensé, ça y est, au bout de presque 3 mois je crois que je me sens enfin chez moi.
