Tea in the Sahara

En débarquant directement de New York dans ma Yourte isolée le mois dernier je me suis rendu compte que comme mes aïeux russes en Algérie ou austro-hongrois à Paris, je me sentais un peu apatride, déracinée, ou pour le dire plus joliment, comme une Berbère dans le désert. Les voyages quels qu’ils soient – vol transatlantique ou ligne de bus parcourue jusqu’à son terminus – provoquent chez moi un sentiment de liberté inégalé. La migration ne me fait pas peur, au contraire, et si je ne déteste rien tant que de faire des valises c’est parce que je vis bien mieux avec un baluchon contenant simplement mes trois vêtements préférés du moment et une brosse à dents.

Bon, mais de nos jours on peut très bien être Berbère et avoir investi dans la pierre. Je me remémorais donc ce raisonnement en rentrant dans mon appartement parisien tout à l’heure. “C’est comme une tente améliorée”, me suis-je rappelé pour contrer les états d’âme qui menaçaient de me submerger lorsque j’ai retrouvé avec gusto mon cher bonhomme Haribo. “Une tente dotée d’une bibliothèque et d’un canapé, de lampes en forme de coeur ou de cerisier et de flamants roses sur le papier peint de l’entrée – mais une tente tout de même, à laquelle il vaut mieux ne pas trop s’attacher”.

La méthode Coué a super bien marché. J’ai pris mes aises dans mon nouveau campement, j’ai sorti mon Butagaz et je me suis fait une tasse de thé, et puis j’ai décidé de sortir faire un tour en quête de l’oasis la plus proche. Une vraie Berbère se passe de baise-en-ville: j’ai donc attrapé mon téléphone, ma carte bleue et mes clés, et joyeusement claqué la porte de ma tente derrière moi. Détail amusant: c’était le trousseau de clés de mon campement new-yorkais. 

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