4h27, une heure comme une autre pour arpenter sur l’écran de mon téléphone les colonnes d’un dictionnaire français-sanskrit. Le bus arrive à 7h45 sur la 42ème et mon shift au centre de yoga commence 1 heure plus tard 30 blocks plus bas. Il me reste donc très peu de temps pour me trouver un surnom décent et me rebaptiser avant d’arriver chez les illuminés.
Il fait nuit noire et j’écoute une chanson qui s’appelle Dark Day, ce qui ne doit pas m’empêcher de me concentrer sur le champ lexical du soleil puisque c’est l’origine de mon prénom non-sanskrit (et que j’aime bien les symboles un peu simplets). La divinité solaire qu’on salue tous les jours au yoga s’appelle Surya. Je pourrais fermer les yeux sur la mégalomanie d’un tel choix si ce prénom n’était pas définitivement associé pour moi aux justaucorps ringards d’une patineuse artistique des années 80. Sinon il y a Ravi qui signifie soleil aussi, et qui me permettrait de me présenter avec un jeu de mot hilarant: “Ravi – ravie”. Malheureusement, là aussi c’est déjà pris.
5h14, Surya ne va pas tarder à se lever et moi je crois que j’ai trouvé le synonyme exact de mon blase original: dorénavant si vous me croisez incognita à la secte de yoga, call me Kirana. Mais je vous défends de me piquer l’idée de génie de Ravi – ravi(e)!
