Un K-Way bleu roi sur le dos, dans les oreilles les Rita Mitsouko, des baskets trempées aux pieds, c’est bon je suis parée, il pleut à verse mais je m’en fiche éperdument, même le déluge ne m’atteindrait pas puisque j’ai Catherine Ringer qui chante juste pour moi, c’est comme ça lalalalala, je pourrais me mettre à danser comme Marcia, sauf que ce n’est pas du polystyrène expansé que j’ai sous les pieds mais des pommes de pin mouillées qui risquent de me faire glisser et dévaler tout le sentier sur les fessiers ; je crois que je me suis perdue à force de marcher le nez en l’air comme une excitée sans regarder mon chemin mais ça m’est bien égal on ne peut pas tout faire et il faut que je continue l’inventaire ; oui car je vois tout en Technicolor aujourd’hui même les limaces luisantes par terre et les troncs de bois amassés dans une clairière, chaque brin d’herbe se détache de son voisin, chaque épine sur les sapins, ce vert éclatant qui me remplit les pupilles dans la lumière grise du matin ; je photographie le jardin d’Eden que je suis en train de traverser pour ne jamais oublier ces sensations et cette beauté mais bizarrement sur l’écran je ne reconnais rien, tant pis ; je traverse un torrent en bondissant comme un cabri et cette énergie infinie me rappelle la dernière soirée où j’étais à New York avant de venir ici, et où j’ai dit quand on m’a proposé de la C ou de la molly, non merci moi ça va je suis naturellement droguée, j’ai dû tomber dans une marmite de champignons magiques quand j’étais petite je ne vois que ça pour expliquer cet état, cette ecstasy qui coule dans mes veines parfois, comme quand je suis toute seule sous la pluie au beau milieu d’une forêt à Saint-Gervais et que Catherine Ringer me dit, tu aimes tellement la vie.

Laisser un commentaire

close-alt close collapse comment ellipsis expand gallery heart lock menu next pinned previous reply search share star