Memorable day

Lundi c’était Memorial Day, le jour fourre-tout qui a été décrété férié en hommage à tous les Américains morts au combat, “toutes guerres confondues” comme dit Wikipedia. Les jours non travaillés étant plus rares ici qu’un bon Epoisses non pasteurisé (on en trouve ! si si ! pour la bagatelle de 25$ pièce), ce lundi de vacance estivale était attendu par les New-Yorkais comme le messie. Memorial Day est d’autant plus chéri par les Américains qu’il se trouve idéalement placé fin mai – début juin, ce qui en fait le premier jour non officiel de la saison d’été.

On dira ce qu’on voudra sur les Américains, ils ne prennent pas de pause déjeuner, ils n’ont que quinze jours de congé, bref ils ne sont vraiment pas civilisés, mais plus je passe de temps ici plus je me dis qu’ils savent bien profiter de la vie eux aussi. Je l’ai déjà dit mais je ne le répéterai jamais assez : si on suit ma ligne de métro jusqu’au bout on tombe nez à nez avec l’océan. Cette ligne A de la MTA est une merveille de la vie que les New-Yorkais les plus futés n’ont pas oublié d’exploiter.

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Depuis le début du mois de mai, certains de mes amis ont donc pris leurs quartiers d’été à Rockaway. Ils sont six dans une grande maison baptisée Surf House par son propriétaire, un Américain aux longs cheveux délavés. Le matin ils sont réveillés par le bruit des vagues, ils vont surfer dès potron-minet si ça leur chante ou prendre leur petit-déjeuner les orteils en éventail sur la plage, et hop, une heure plus tard ils sont au bureau à Chelsea. Et le soir en sortant du turbin ils peuvent s’installer sur le front de mer un verre de rosé à la main et guetter le rayon vert.

Pour moi maintenant les jours de congé c’est à la fois everyday et jamais, mais j’ai quand même bien profité de ce week-end prolongé de Memorial Day. Samedi soir les habitants de la Surf House avaient organisé un barbecue géant auquel je me suis pointée en paréo, les cheveux encore dégoulinants d’eau salée après ma première baignade de la saison. Quelques minutes à peine après être sortie du métro j’étais en train de sauter dans les vagues en poussant des cris de joie telle une foldingo, et pendant les deux jours suivants je n’ai pas quitté mon maillot.

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Il faisait une chaleur asphyxiante à New York samedi quand je suis descendue dans les entrailles de la MTA à Nostrand Avenue. Lorsque j’ai mis les pieds dans le sable une heure plus tard j’avais le corps en nage, le visage émerveillé, les yeux éblouis par les rayons dorés de la fin de journée, et dans les oreilles ma fidèle playlist NYC. Et ce moment béni est celui qu’a choisi James Murphy pour chuchoter, New York you’re perfect oh please don’t change a thing.

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