Dans la to-do list que j’ai rédigée ce matin en sirotant un citron pressé il y avait 13 items très variés. Les tâches allaient de la vie sociale à l’argent et de la logistique à l’écriture, sans oublier le travail et le visa bien sûr. J’ai réussi à en rayer 9, tout ça pour me rendre compte à 20h50 que j’avais oublié de noter la plus importante: acheter du champagne rosé. Heureusement le Monoprix était encore ouvert et j’ai juste eu le temps de filer à peine mon portfolio envoyé.
Ma filleule est arrivée peu de temps après. On a trinqué à nos accomplissements, à nos amours et à nos retrouvailles. Je lui ai un peu raconté sur quoi je bossais et à un moment on a embrayé sur ce que c’était exactement que l’art et la créativité. Je lui ai dit qu’écouter Abba et faire du montage vidéo ça comptait autant pour moi que peindre des tableaux, et pour rigoler je lui ai montré que n’importe qui pouvait créer une installation dans son salon.
Oui car dans ma to-do list hétéroclite il y a une tâche que je n’ai pas oublié de rayer et c’est “acheter un câble HDMI pour mon ordi”. Dûment équipée, j’avais la ferme intention de célébrer ma nouvelle liberté et l’éradication (momentanée) de la bureaucratie dans ma vie en projetant en grand sur le mur du fond toutes les choses absurdes qui me traverseraient l’esprit. Finalement impossible de trouver sur YouTube le Bill Viola que je cherchais et Adèle s’impatientait donc je me suis rabattue sur des poissons.
Le visa que je demande, O1 de son petit nom, est aussi décrit sur les papiers de mon avocat comme The Artist Visa. Ca m’a évidemment pas mal angoissée – artiste? moi? ohlala – et puis je me suis rappelé qu’aux Etats-Unis personne n’a d’états d’âme à s’autoproclamer quoi que ce soit. Du coup, ça y est, depuis ce soir Adèle et moi on est donc vidéastes nous aussi et voici Finding Manty, notre première oeuvre inspirée par Sébastien Tellier et par les aquariums des restaurants chinois.
(On a essayé avec Rihanna aussi mais c’était moins beau)
