A quoi ça tient, le fait de se sentir chez soi? A force de me transbahuter tous les mois, tous les ans ou tous les quinquennats telle une bonne schlepper Gomella, je crois que je pourrais recréer un foyer au milieu du désert ou sur les rives de l’Amazonie en moins de temps qu’il ne faut pour dire “marsupilami”. (Le saviez-vous? Les marsupilamis aussi sont réputés pour leur capacité à tricoter en un instant un nid aussi merveilleux que mon hamac favori).

Me voilà donc dans un nouveau nid, toujours à Brooklyn mais à Bushwick cette fois-ci. C’est un des quartiers où j’avais habité pendant les deux semaines qui m’ont suffi il y a un an et demi pour 1. tomber amoureuse de New York et 2. décider de quitter Paris. Il y a des hangars, des pick-up trucks et des graffitis géants, et après 4 mois en France ce nouveau déménagement est un peu déstabilisant mais tant pis – ici le ciel est nettement plus grand.
J’ai rangé mes valises hier dans l’appartement de mes copains Mike et Shelma, qui pendant ce temps-là s’enfilent du comté fruité et du mauvais beaujolais chez moi. Enfin, dans mon appartement parisien du moins, car chez moi, right now, c’est ici. Et oui ça y est, j’ai fait comme le marsupilami, j’ai retricoté mon nid. Tous les bédouins vous le diront: quand on pose ses valises près d’une oasis, la première chose à faire, c’est se procurer une théière.

Celle-ci contient du thé vert japonais et je l’ai achetée l’hiver dernier dans un magasin chinois de Broadway. J’avais la même à Londres, qui venait de chez Tang Frères à Paris. Le H posé à côté est en béton et il a été coulé au Barbican, une autre de mes tentes de bédouin. Lorsque je travaillais là-bas c’est du thé noir indien que je buvais, dans une tasse à l’effigie de la reine d’Angleterre qui est présentement rangée dans un placard en Formica chez moi – enfin, chez Mike et Shelma!
