Despair hangover and ecstasy

Ce qui est merveilleux ici, et peut-être simplement dans la vie, c’est qu’on peut en l’espace d’une nuit passer du désespoir total à l’extase infinie. C’est ce qui m’est arrivé encore entre hier et aujourd’hui. Pas de hangover, dieu merci – depuis que j’ai cru à tort avoir un polichinelle clandestin dans le tiroir, j’ai arrêté de boire – mais le despair le plus noir, ça oui. L’angoisse naissante du dimanche soir à la messe mensuelle des artistes dans un grand hangar (est-ce que j’ai ma place ici? qui sont tous ces gens qui font si bien semblant?), les larmes inarrêtables en traversant Brooklyn seule au soleil couchant, les sanglots dans la douche sous le jet brûlant, les secousses du corps tout entier qu’aucune caresse n’arrivait à calmer. 

Et puis à la faveur de la nuit les cumulonimbus se sont enfuis, et ce matin tout allait bien. J’ai préparé du granola à la lueur d’une bougie parfumée au pin et dansé en chemise de nuit dans le clair-obscur de la salle de bain en prenant des selfies. “Sois ta meilleure amie”, m’a dit Léa hier soir en entendant ma voix. J’ai mis un peu de temps à l’écouter mais voilà, ça y est, ma BFF et moi on est réconciliées. On se dit qu’on y arrivera peut-être, qu’il reste des choses à faire pour que le monde ne coure pas à sa perte, et que la vie c’est jamais si bon ni si mauvais qu’on croit. Bon, ça c’est Maupassant qui le dit c’est pas moi – je ne sais pas si lui aussi il est passé du despair à l’ecstasy en une nuit, et je doute qu’il ait un jour écouté The Dø en préparant du granola à la noix de coco, mais sinon je trouve qu’il avait bien raison, non? 

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