
Le bureau du troisième étage décoré en sex kino est devenu la plateforme francophone des ragots et racontars sur DAU. Il paraît qu’Ilya était un des premiers pick-up artists de Moscou, qu’il utilisait la programmation neurolinguistique pour séduire des filles. Il paraît qu’il fait des messes sataniques avec en guise d’offrandes des malossol et des sandwiches à la graisse de porc. Il paraît qu’il hypnotise les membres du projet pour qu’ils inventent des bêtises à son sujet.
Cette atmosphère délétère a fini par me rendre malade. Dans les couloirs peints en gris et rouge carmin même les mannequins tirent des têtes de six pieds de long. Sans le Shitty Hole pour nous rassembler on est comme des particules libres isolées dans l’immensité de l’univers. La fièvre fait son petit effet, on dirait. Je me nourris de thé vert en repensant à une phrase de Brave People: “Tu as bu ta vodka? Prends-en une autre, c’est un médicament.”
