Confinement, J-1 / transatlantique

Voilà, je rentre à Paris aujourd’hui. En me réveillant, j’envisage encore, désespérément, de rester. Je prends un bain avec Céleste, et profite de sa sieste pour aller laver draps et serviettes. En insérant un billet dans la fente pour obtenir les quarters nécessaires au fonctionnement des machines du lavomatic, j’ai déjà la nostalgie de l’Amérique. Je récupère les pièces qui sont un nid de contagion et me dis avec esprit de contradiction que rien de mauvais ne pourra jamais m’arriver ici.

Au téléphone avec Ambroise, je lui expose ma théorie. Il y a beaucoup plus de chances que j’attrape le virus en France! J’admets qu’il faut bien que je rentre car j’ai de la plomberie en souffrance. Il m’explique que tout est au ralenti, que ce n’est pas le moment de penser tuyauterie. Je dis avec défiance que jamais New York ne s’arrêterait. Il me répond: La Chine s’est arrêtée, tu sais. Ça me coupe le sifflet. Je lui dis que j’ai pris un billet. Si le Covid-19 était psychosomatique, ça se saurait.

Céleste s’agite, elle a l’air de savoir qu’un départ se prépare. On discute avec Paul: comment sera le monde de l’autre côté? Est-ce qu’en quelques mois ça peut changer? Il pleut des cordes, pour la première fois depuis un mois. On dit la phrase habituelle sur la météo les jours de départ: “Pas de regrets, hein, vu le temps qu’il fait!” Dans l’avion, je me concentre sur le ciel gris dans le hublot. Masques à gogo. Tout ça semble bien réel. Je lave les mains de Céleste et la gave d’anticorps via mon lait maternel.

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