Confinement, J1 / Paris

Un layover à Amsterdam où j’achète un tournesol à planter et une boîte de bonbons à la menthe ornée d’un autoportrait de Rembrandt pour Ambroise, et une magnifique tulipe en bois pour moi. À la caisse, je tends un billet de 10 euros au type qui le refuse, “for safety reasons”. Je mets un instant à comprendre. Au café, les gens font la queue à un mètre de distance. J’achète des stroopwafels au distributeur automatique. L’inventeur du paiement sans contact doit être extatique.

L’avion descend vers Roissy et l’angoisse décolle de façon aussi exponentielle que la courbe de contamination. Habituel mais fatigant. Est-ce indécent de dire que j’aimerais #flattenthecurve de mes problèmes existentiels? En attendant ma valise, je pense à la mort. Ouvre le chakra du cœur et ça ira, me chuchote une voix. J’appelle Amanda. À Londres où elle vit, le confinement a commencé aussi. C’est difficile mais ça l’a rapprochée de son père. Je lui explique que moi, les situations limite c’est mon dada. 

Retour au bercail. Retrouvailles familiales. Dans Le monde des Livres sur la table de la cuisine, je lis le témoignage d’une “femme de lettres” qui dit elle aussi qu’elle se sent dans son élément depuis le début du confinement. “Comme un poisson dans l’eau”, ce sont ses mots. Me prenant momentanément pour Arlette Laguiller, j’explique à Ambroise que romantiser la crise du Covid est un truc de privilégiés. On sort acheter des victuailles. Drame à la Biocoop: le rayon vins est à moitié vide.

close-alt close collapse comment ellipsis expand gallery heart lock menu next pinned previous reply search share star