
La vanlife, c’est sympathique, mais ne pas devoir déplier et replier son lit tous les jours, vivre à moitié plié, et jouer à Tetris avec ses habits, ça se défend aussi. Les enfants sont présentement dans un bain moussant. Je suis allongée sur un lit géant et tout blanc. L’air qui sort du climatiseur est glaciaire. Pour le petit-déjeuner j’ai mangé des fruits pré-découpés et bu du thé à volonté. L’électricité circule librement entre la prise, le chargeur et mon téléphone, sans qu’on ait besoin d’allumer le moteur. Luxe et volupté.
On a retrouvé Henar et sa famille hier à la nuit tombée, après avoir déposé nos affaires à l’hôtel, garé le van et pris une douche salutaire. Il y a une aire de jeux juste à côté. Les enfants ont joué dans l’obscurité. Toboggan by night, éclairés par des lampadaires et la lumière d’un kiosque. J’ai entendu « Hélène! ». On s’est serrées dans les bras: la dernière fois, c’était à Niagara Falls il y a sept ans, et on n’avait aucun enfant. Je quittais New York pour attendre mon visa, et elle se mariait avec Simba.
Cette fois, ils passent six semaines en Espagne, et nous six semaines en van. Nos chemins estivaux se croisent ici, un peu exprès et un peu parce que ça nous permet d’aller aux Baléares après. La grand-tante d’Henar a légué à sa tante et sa mère un appartement dans cette ville de bord de mer. On n’aurait jamais, ni l’une ni l’autre, mis les pieds ici sans cette femme, Pilar. Qu’importe la laideur des barres d’immeuble, on est juste heureuses de se voir. On a fêté ces retrouvailles dans un restaurant de tapas.
Aujourd’hui, on va aller à la plage. Sans doute en tram: besoin d’un break du van. Quand on commence à s’habiller comme sa carrosserie, il est temps de prendre le large. Avant ça, un tour par le supermarché d’en face: une de mes passions inavouables en voyage. J’ai arrêté le sucre avant l’été, donc adíos la dégustation rituelle de Haribo du monde entier. À la place, je vais faire le plein d’amandes frites, de gazpacho et de salmorejo (c’est quasi la même chose, avec du pain). En écoutant l’intégrale de Mecano!
