
On repart aujourd’hui. Finie, la fake vanlife à l’hôtel! On prend un ferry à Dénia, proxima estación, Formentera. Je fantasme sur cette île depuis longtemps, et lorsqu’on peut exaucer un rêve au bout d’un embarcadère, il faut le faire. J’ai reçu les billets sur mon téléphone, illustrés de de jolis emojis ferry. Après ça, je ne sais pas ce qui adviendra. C’est l’île la plus petite et la plus sauvage des Baléares, et son accès est interdit aux camping-cars et caravanes. C’est là qu’on est contents d’avoir opté pour un van.
En attendant de quitter à nouveau le bitume, l’hygiène moderne et la civilisation, je me suis esquivée au salon de uñas. On l’avait repéré avec Henar hier et on s’était dit que se faire peindre les ongles ensemble serait une bonne activité de pré-départ. J’ai choisi un rose vif et elle un lilas pastel. On a parlé d’amour, de couleurs et des catégories de personnalité MBTI. Selon elle et Simba, je suis ISFP: l’aventurière! On espère se revoir avant sept ans, à la faveur d’un voyage transatlantique de l’une ou de l’autre.
Ça y est! On a embarqué sur le Ramon Llull, du nom d’un célèbre majorquin du 13ème siècle, poète, philosophe, théologien, missionnaire et mystique qui défendait la doctrine de l’Immaculée Conception. Sinon, je ne sais pas grand-chose sur les Baléares à part les clichés: depuis les années 70, elles sont un refuge de hippies et de fêtards. À bâbord, on aperçoit les rochers d’Ibiza. Peut-être qu’on ira? Enfin, à tribord, la côte de Formentera. Ça s’agite dans la salle Sirena. On descend retrouver le van.
On débarque. C’est plat, avec des palmiers. Sur Google Maps je repère une boulangerie, la bien nommée Buena Onda. Un dîner à emporter et vamos a la playa! Je commande deux pizzas. En les attendant, je feuillette le Formentera Report, magazine local qui parle des énergies qui émanent de l’île. Ce genre de discours new age est musique à mes oreilles. La musique, d’ailleurs, qui émane des haut-parleurs, est rythmée et douce, sucrée et enveloppante. À peine arrivée à Formentera je me sens déjà dans ses bras.
