Vanlife J26

Mon petit garçon était tout grognon donc je l’ai emmené sur la couchette inférieure du van et endormi au doux son des grillons. Je suis allée laver des pots vides avec Céleste, qui joue à les remplir, les vider et visser les couvercles. En revenant de la baraque qui abrite les éviers communs, je me suis demandé pourquoi en dépit de mes a priori bourgeois, dans les campings je me sens chez moi. Ceux que j’ai visités étaient en pleine nature – au bord d’un lac, de la mer, sous des pins – ce qui aide, bien sûr.

La réponse qui m’est venue aussitôt est: l’ashram! Il y a quelque chose de similaire dans tous les habitats communautaires. La mise en commun des ressources et la possibilité pour chacun de conserver sa liberté, à différents degrés, offre un équilibre intéressant. J’ai toujours été séduite et de manière théorique et de manière pratique par cette idée. En van, nécessité fait loi: le réservoir d’eau n’est pas grand et il faut faire avec ce qu’on a. L’existence est vite solitaire lorsqu’on est nomade en permanence.

Dans cette communauté en particulier, le moment de partage a lieu le soir, sur la piste de danse et au bar. Hier, absorbée par mon livre, j’ai raté la fête, mais Ambroise me l’a racontée. Jeunes et vieux alignés, répétant une chorégraphie, ravis. Ce n’est pas la vanlife sexy des livres et des posts Instagram, mais elle me plaît aussi. Malgré ce qu’ils ont de sectaire, j’ai une passion pour les ashrams, et les chants d’église peuvent m’émouvoir jusqu’aux larmes. En italo disco, ça a encore plus de charme!

Aujourd’hui, jour de lessive, je teste pour vous: la lavatrice Indesit des années 70. Verrouillée par un cadenas tout aussi antique, elle est accessible pour 3 euros. On verra si je déchante ensuite. Une fois le linge sorti, je suis partie retrouver les bimbi à la plage qui borde la pinède du camping. Le sable est noir, le ciel cerné de nuages gris d’où percent des rayons en direction des montagnes, à l’horizon, où tout s’éclaircit. La mer est bleu-grise comme l’Atlantique. C’est magnifique. On va rester encore une nuit ici.

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