
Avant de quitter à regret le lac paradisiaque, je l’ai traversé à la nage dans sa largeur. De l’autre côté il y avait une plage de sable fin, sans une once d’ombre, blanche et douce. On ira la prochaine fois. Il y aura une prochaine fois. Cette île d’abord difficile nous a fait le même effet que Formentera: un amour inexplicable et immédiat. On repart vendredi. Chaque matin Céleste nous dit avec mélancolie combien de jours il nous reste ici, au milieu des quatre éléments si présents, le soleil, la terre, la mer et le vent.
On a déjeuné dans le village de Kamma, au panificio Terremoto. Tremblement de terre! Le genre d’événement auquel on s’attend suffisamment ici pour nommer une boulangerie ainsi. La parmigiana était un délice et les enfants ont fait une orgie d’arancini. Le boulanger est sorti de son antre et nous a parlé en français. Il est pantesco mais a vécu en France. Il dit que parfois l’hiver en cas de tempête, aucun bateau, aucun avion ne vient pendant des semaines. L’isolement sur l’isola. Le rêve!
On a passé la fin d’après-midi sur la Cala di Levante, qui n’est pas une plage mais un mouillage entouré de rochers. On a trouvé un coin d’ombre où s’installer. J’ai sauté à l’eau avec les enfants et à peine dedans, j’ai entendu les gens à côté parler de meduse. « Elles sont méchantes? » ai-je demandé en italien. Eh oui! Les adolescents les pêchaient dans leurs épuisettes. Elles étaient roses et petites. Pas de tout repos, cette île. Une famille de Français rencontrés là nous ont dit qu’ils la trouvaient hostile.
Pour finir la journée on a pris les chemins qui mènent tout en haut, jusqu’aux 800 mètres de la Montagna Grande. J’étais bloquée sur Roche de Sébastien Tellier depuis hier mais Ambroise a réclamé de la musique italienne. J’ai mis un morceau qui passait ce matin au café: Meglio stasera. Un éloge du moment présent qui m’a séduite tout de suite. Petit parking en terre. On a sorti les victuailles achetées à l’alimentari juste à temps pour voir le soleil descendre sur la Tunisie. Meglio stasera, davvero!
