
“Le rêve!” “Ouais, la belle vie en vrai…” ont dit deux mecs en passant devant le van. Les enfants étaient nus sous les draps, ils jouaient sur la couchette. Ambroise préparait un café et je me séchais après ma baignade matinale. Je me suis dit que oui, c’était photogénique et que même si Instagram n’est pas la vraie vie, c’est vrai que celle-ci fait plutôt envie. On dort avec du sable qui colle les draps et nous envahit toute la nuit, mais on dort à deux minutes de la plage.
Ce matin j’ai surfé un peu sur la plage de Vertbois qui est très cotée ici pour ça. Sur le mur de la guérite de location les conseils de sécurité étaient écrits et soulignés. Quand la mer est surpeuplée de surfers, le danger est réel et il faut faire attention. J’ai eu peur d’aller vers le large et je suis restée au bord avec les débutants. C’était réjouissant de les voir essayer, échouer, réussir, et de regarder au loin ceux qui dansent dans les vagues comme d’autres sur la terre ferme.
Après le surf on a offert à Céleste un cours de natation dans une piscine avec une petite vitre qui permettait de la voir. Elle a appris les premiers réflexes et mouvements: comment se propulser jusqu’à la surface, jusqu’au bord, se retourner. Belles métaphores. Ça l’a tellement épuisée qu’elle s’est endormie dans le van en fin d’après-midi, alors qu’on hésitait sur la route. La journée a été un peu ralentie par une pause laverie, pas très photogénique mais salutaire.
On passe la soirée dans une pinède vers la pointe Sud de l’île. Les enfants ont refusé la plage, arguant qu’ils en avaient assez du soleil et du sable. Atlas a renversé la caisse de jouets et décrété: on joue! On a dit qu’il y avait un incendie. Petit Ours Brun pompier a sauvé la situation avec son camion. Céleste s’est laissée persuader d’aller voir la vase avec Ambroise. On a fini tous les quatre allongés dans le sable, face au soleil couchant. La belle vie, en vrai.
