
Deux semaines qu’on est au bord de la mer. Aujourd’hui on fête cet anniversaire réjouissant, et surtout celui de Gala, ma nouvelle nièce qui est née il y a un mois exactement. Pour cette occasion – la rencontrer – on est venus sur l’île de Ré.
Avant ça, on est allés à Royan chercher nos vélos qui étaient restés dans ma maison familiale. Mini road trip d’un bout à l’autre de la Charente-Maritime, le week-end du 15 août. Heureusement il n’y avait pas trop de monde sur la route.
Nous voilà donc au bord du même océan, mais un peu plus au nord. On a dormi juste derrière la digue du sud de l’île, à deux pas du village d’Ars-en-Ré où Ambroise allait en vacances toute son enfance et son adolescence.
Ars est connu pour: Lionel Jospin qui y a une maison, ses prix prohibitifs en haute saison, et de manière plus poétique, pour son superbe clocher noir et blanc qui sert d’amer aux bateaux. L’amer est un repère sur une côte maritime, qu’on voit de loin.
Le clocher d’Ars n’a pas suffi. La mère d’Ambroise n’a plus d’amers. Sa raison est perdue en mer, et sa maison a été vendue un hiver. On a acheté le van la même année. C’est notre amer. Cet été, on s’en sert pour revenir sur ces terres.
Rien n’a changé. Ré est un site protégé: 80% de l’île est non constructible. Si on avait gardé la maison, on aurait eu l’assurance d’une chose inexistante: la permanence de l’enfance. On a préféré larguer les amarres et quitter l’amer.
Ce soir, on a dîné au bar fétiche d’Ambroise lorsqu’il était adolescent: sur la digue, face au soleil couchant. On n’a pas vu ses vieux copains d’ici, mais on est tombés sur Zélie, une copine de crèche d’Atlas, avec sa sœur et son père.
On est sur la route pour aller manger une glace au phare du bout de l’île. Le ciel est vaste, bleu et rose sur les champs plats à perte de vue. On écoute Niagara chanter Pendant que les champs brûlent, et la vie, comme la mer, avance et recule.
