
“Je me permets de vous prévenir. Bonne nuit!” a conclu le policier qui nous a réveillés (à 9h du matin) pour nous signaler que le camping n’était pas autorisé sur les côtes oléronaises. Son autorité naturelle semblait à peu près équivalente à la mienne, c’est-à-dire à celle d’un chihuahua. On n’a pas moufté, et quand il est parti on a un peu rigolé. De toute façon, aujourd’hui on quitte Oléron. C’est un peu triste de laisser l’océan derrière soi, mais il sera toujours là.
Hier, sur les conseils d’une copine, on a découvert la plus belle plage. C’est un secret, alors je ne le dévoilerai pas, mais la plage est désormais ma préférée, ex aequo avec la Côte Sauvage de La Tremblade. L’impression d’être au bout du monde, loin de tout et de tous, dans une nature encore pure, m’a mis les larmes aux yeux. Il faut marcher pour y arriver, ce qui ajoute au plaisir. On entend l’océan, de plus en plus fort, et soudain il est là, invincible et infini.
“Je te donnerai les océans les goélands et les fruits d’or, ne pleure pas oh mon amour” chante Polnareff tandis qu’on fait la queue sur la route départementale qui mène au pont d’Oléron. Je ne pleure pas parce qu’on est encore sur l’île et que je compte bien me baigner aujourd’hui. Le ciel est blanc et gris comme souvent ici. On passe devant les cabanes à huîtres qui sont le premier signe de civilisation lorsqu’on arrive à Oléron. Devant, sous la boîte à gants j’ai collecté des coquillages.
Pour passer le temps dans le bouchon les enfants ont formé une famille avec 4 coques: le père, la mère, le petit frère et la grande sœur. Il faudra leur expliquer que leur modèle hétéroparental ne s’applique pas chez les mollusques. À l’avant, on débat sur les modèles de van et leurs appartenances respectives. Le T4, le T3 et le T2 sont de la même famille. Le T5, y’a pas moyen Djadja, c’est des bourges on leur parle pas. Et hop, nous voilà sur le continent.
