
Lorsqu’on a quitté Marseille, j’ai senti un serrement. On reviendra bientôt, ai-je dit aux enfants, qui ne demandaient rien pourtant. Au revoir les Bouches-du-Rhône, bonjour le Var! On a pris la direction de l’Almanarre, la langue de terre qui relie Hyères à la presqu’île de Giens. Là on a retrouvé Tanya et son fils Ulysse, qui a l’âge intermédiaire entre Céleste et Atlas. J’ai travaillé avec Tanya il y a six ans sur un projet très intense, pendant lequel je suis tombée enceinte.
Face au spectacle aquarellé du soleil couchant sur les collines, on a mesuré la chance d’être là, et combien la vie change parfois. 6 mois enfermées dans un théâtre quasi nuit et jour, sans voir le soleil, et puis maintenant ça: 3 enfants nus qui gambadent dans les vagues devant un immense ciel rose pâle. Le seul drame s’est déroulé lorsqu’ils ont joué à la pétanque et que le plus jeune, pour ne pas le nommer, s’est mis en tête de ramasser le cochonnet.
On a dormi à l’Almanarre, sur le parking de plage. Deux en haut et deux en bas, dans nos lits douillets. Cette année, après 4 étés dans des draps en coton achetés au Monoprix juste avant le premier départ en van, j’ai investi dans un drap-housse et des taies d’oreiller en lin. Lorsqu’on voyage, comme nous, souvent près des plages, le sable envahit tout et la literie est vite humide. Ce petit luxe me réjouit à chaque fois qu’il faut faire les lits, c’est-à-dire tous les soirs.
De luxe et de confort, il était bien question à la Villa Noailles, qu’on a visitée juste après le déjeuner. C’est le projet de Charles et Marie-Laure de Noailles, un couple d’amateurs d’art, qui a commissionné le jeune architecte Robert Mallet-Stevens, pour qu’il leur crée une villa d’hiver à Hyères. Une des directions était que l’ensemble soit « intéressant à habiter ». C’est le cas puisqu’il y a par exemple une chambre de plein air sur une terrasse. Pas si différent du van!
On a pique-niqué à Hyères, qu’on a jugée sans intérêt en ce dimanche d’été. Hors le festival de mode et de design, qui anime la ville et l’emplit d’une foule très sapée, c’est une bourgade banale où des retraités coulent des jours paisibles. Ce qui redore son blason, c’est le mot palmiers accolé à son nom: Hyères-les-Palmiers, ça fait très Palm Springs! Une autre destination courue pour la retraite. Bref, on n’a pas croisé de vanlifers en goguette, et on a repris la route.
