
Encore une nuit dans une vraie maison – trahison! Le van se repose dans l’allée de gravier et nous allons seulement lui rendre visite pour piocher dans sa cargaison. Les amis à qui nous rendons visite ont un fils. Les enfants jouent tous les trois dans une tente plantée sur la pelouse. On disait qu’on était au camping? Ils sont ravis. Les petits vans playmobil qu’on a apportés pour eux sont leurs meilleurs amis. Ceux qui se fatiguent plus de la vie en van, c’est nous.
On a dîné hier d’un poulet rôti au four à basse température pendant des heures – une chose qui nous est impossible avec la kitchenette du van. La ratatouille qui accompagnait le poulet était exquise, et d’autant plus qu’elle aussi était, pour nous, off limits. Dans la cuisine du van, en général, il faut que ça aille vite. Pas de tambouille qui mijote. Pas de légumes caramélisés dans leur jus. Pas de clafoutis. Tant pis. On savoure la vie sédentaire quand elle se présente à nous.
Au programme de la vie sédentaire, aujourd’hui, il y a eu une promenade à pied jusqu’au vieux centre de la ville. J’y suis allée avec Céleste en quête d’une pharmacie et de fruits pour la maison. Le frigo du van est toujours cassé et un fruit bien frais est un délice que nous oublions. Après le marché, Céleste veut s’arrêter pour jouer avec le cahier d’autocollants que je lui ai achetés. Un matcha latte! Le premier depuis Paris. Ça ne m’avait pas une seule fois manqué.
Dans les villes étrangères je dois avouer que je recherche parfois sur Google Maps « matcha latte ». Et ce que je recherche à tous les coups, c’est « vintage ». Ici, ça a mordu: une friperie nous attend au coin de deux rues, sur le chemin de la plage. On s’y aventure. La seconde main est déjà une surprise en soi, et cette boutique-là offre un deuxième cadeau: un sac plein de vêtements pour enfants. Il y a dans la chine un esprit qui va bien avec la vanlife. L’incertitude, le hasard, l’espoir.
La chine, comme la vanlife, est aussi une affaire d’adrénaline. Va-t-on vraiment pouvoir dormir au bord de cette plage déserte et naturiste à Formentera? Ce 501 bien délavé dans la boutique vintage d’Arles sera-t-il à ma taille? Et dans la dernière édition: ce short en jean d’une longueur idéale galbera-t-il les fesses de son destinataire? La réponse, obtenue sur la plage, était une fois de plus un grand oui. Encore un coup de poker réussi. Vivement le retour dans le van.
