
Dans ma boîte de réception, Baleària me souhaite un feliz cumpleaños. Depuis qu’on avait emprunté leurs lignes Barcelone-Ibiza et Ibiza-Formentera il y a deux ans, la compagnie de ferrys m’écrit régulièrement. Pour une raison qui m’échappe encore mais a sans doute à voir avec ma passion pour les îles baléares, je ne me suis pas désabonnée. Je sais que la planète court à sa perte à cause d’e-mails promotionnels. Gracias quand même, Baleària, te quiero mucho.
C’est mon anniversaire aujourd’hui. Mes parents proposent de nous offrir une nuit d’hôtel au bord de la Méditerranée. Pensent-ils que leurs petits-enfants mériteraient un bon bain et nous des draps non imprégnés de tout le sable de la côte d’Azur? Pour sûr. J’envisage de troquer l’hôtel contre un ferry: littéralement sur la Méditerranée! J’adore passer mon jour d’anniversaire – date transitoire s’il en est – dans un état de flux: bateau, avion, train ou van.
Cette année – serait-ce mon ascendant Taureau qui prend le dessus? – j’ai décidé, pour une fois, de ne pas bouger d’un iota et de vivre dans le confort que m’offre le sort. Par hasard, on passe dans le Var au moment où les copains des enfants sont à Saint-Tropez. On dort deux nuits dans la belle maison de leurs parents avec piscine et vue sur la baie. Les enfants sont enchantés et les parents jouissent d’un luxe inespéré de calme et de volupté sous les pins et les cyprès.
Je prépare une salade pour le déjeuner et laisse la journée et le soleil défiler. En fin d’après-midi, tout le monde se baigne et je fais découvrir aux enfants le concept de bombe en sautant dans l’eau avec eux. Ça éclabousse, mais c’est beau. On part en ville voir une parade de polo. En chemin, les enfants se chamaillent et je leur mets leur nouvelle chanson préférée: Do you do you Saint-Tropez. Sur Spotify, le moteur suggère: Do you do cocaine? À voir la population, il est probable que oui.
Saint-Tropez n’est pas très vanlife, mais accepter ce qu’amène la route, y compris une ville comme celle-ci, c’est vanlife. The road provides: que ce soit un magasin Louis Vuitton géant sur la place des Lices, ou des légumes et du thon grillé pour le dîner – un délice. Ce soir j’ai enfilé ma blouse de sculpteur d’Empereur avec les tropéziennes vieilles de 30 ans de ma mère, pour fêter mon anniversaire dans un village de vacances. C’était imprévu et parfait. J’ai de la chance.
