
Et voilà, quinze jours de road trip! On a dormi plus de la moitié dans de vrais lits et le reste du temps dans le van. Il est de mieux en mieux équipé en literie mais ça laisse encore à désirer. Surtout, ce qui pourrait améliorer notre confort serait que les enfants dorment sous la tente de toit. Pour l’instant, ils refusent à chaque fois. Hier, un orage est survenu en pleine nuit et l’eau s’est infiltrée dans les interstices. À deux en haut sur un matelas humide, j’ai bien vu la vanlife avec ses limites.
À part ce détail, la soirée était parfaite. En fin d’après-midi, on est arrivés, par une route escarpée, à un agriturismo – une ferme qui accueille les campeurs et leur propose parfois un restaurant, une salle de bain, une cuisine. Celui-ci offrait tous les services avec en plus une vue magnifique sur les montagnes, le ciel orageux et la mer en contrebas. Le repas, notre premier en Italie, était exquis. Pâtes au sanglier, aubergines grillées, polenta de pois chiche, gelato et tiramisu.
L’objectif du jour est la carrière de marbre de Carrare, qui est à 2h et demie de route. On s’en va de l’agroturismo en fin de matinée – selon les calculs on devrait arriver juste à temps pour la dernière visite guidée de la journée, à 15h. Un arrêt s’impose dans une station-service italienne, ce qui est bien sûr une activité touristique en soi. Des paquets de 96 feutres, des sucettes de la taille d’une tête d’enfant, et bien sûr des focaccia aux olives et de la mortadelle exquises.
Les carrières de marbre sont à flanc de montagne: sur la pierre blanche et grise on voit les traces de découpe, verticales et horizontales. Une femme qui porte un t-shirt Marmo Tours nous indique que le groupe part tout de suite en voiture. On reste dans le van et on la suit, avec une dizaine de véhicules dans un long tunnel bas et étroit creusé dans la montagne. C’est une version motorisée de l’entrée dans les pyramides des pharaons égyptiens: excitant et claustrophobique.
Je ne peux pas dire que j’ai profité de la visite, qui était pourtant intéressante: un bloc de marbre pesait sur ma poitrine, et tout mon corps m’intimait de fuir. La visite a commencé dans une carrière de 12m de haut, la cathédrale, dont la guide nous a dit qu’elle n’est plus exploitée car ses énormes poteaux de soutien s’effondrent!! Les casques de chantier que nous portions tous ne paraissaient pas très pertinents vu les circonstances, mais ils avaient le mérite d’être photogéniques.
