Vanlife J16

La journée d’hier s’est terminée sur la plage libre de Forte dei Marmi, où on est allé piquer une tête pour laver le trauma et la poussière de la carrière de marbre. Le ciel était encore orageux, magnifique, et les vagues étaient grosses comme sur l’Atlantique ou le Pacifique. Un homme est passé, charriant deux glacières à mains nues, et les enfants ont réclamé une glace. N’ayant pas de liquide, j’ai fait un virement instantané au patron du type, qui est apparu de sous un parasol voisin.

Après les glaces, on a mangé des pizza sur la plage, assis sur le pédalo des sauveteurs en mer, entre deux barrières. Les plages privées sont partout en Italie, même sur cette longue langue de sable sauvage. On avait prévu de dormir juste à côté, dans une rue qui longe la piste d’aérodrome à moitié désaffectée. Une fête foraine proche nous a inquiétés. À 23h, on est partis vers l’intérieur des terres, pour aller passer la nuit le long d’une rivière. C’est là qu’on s’est réveillés.

On est en route vers Vinci, le village natal de Léonard. Je crains le piège à touristes, mais on me traite de cynique. La trattoria est plutôt bonne, mais le conto frôle les prix de Paris. Les musées m’ennuient. Je pense avec regret au front de mer de Forte dei Marmi, qui ressemblait à Los Angeles, dans un style à la fois plus bling et plus décati, bref un film sur la Californie tourné en Italie. Les machines du génie, reconstituées ici, me semblent plus inauthentiques encore que tout LA réuni.

J’ai davantage d’espoir pour la visite du village de San Gimignano, que nous prévoyons pour demain. La route sera courte le matin depuis l’exploitation agricole où nous passons la nuit. À la petite boutique, j’ai acheté avec délectation des prunes et des tomates cerises (le gialle per favore!), ainsi que des artichauts confits dans l’huile et du jus de pomme-bergamote. Le tout a enrichi notre pique-nique dans l’herbe devant le van, face au soleil couchant.

Cette nuit est la huitième dans le van, et on en a passé autant dans des maisons. La liberté du van est fatigante, mais elle a du bon. Les deux expériences, en alternance, sont rafraîchissantes. Les enfants sont blottis contre moi et je vais lire mon livre à la lampe frontale. Hier sur la plage, j’ai fini celui de Claire Touzard, Folie et résistance. C’était dense, intense, passionnant. Le nouveau, Clam Down, a été écrit par Anelise, que j’ai connue à New York il y a dix ans. C’est émouvant.

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