
Au café de la plage, une enceinte diffuse Nothing else matters de Metallica et je me dis que rien d’autre ne compte que le sable blanc, l’eau turquoise et mon corps nu dedans. Je ne suis pas nue hélas mais je me laisserai peut-être tenter par ce qu’il y a de plus approchant: le tanga que portent toutes les femmes autour de moi. Pour les hommes, le choix omniprésent est la claquette Adidas, dite adilette, pour laquelle j’avais déjà une inclination et qu’un véto familial m’a interdit d’acheter.
La Sardaigne pour l’instant est très séduisante, et on se sent de plus en plus dépaysé à mesure qu’on avance. Pas de Français, ou très peu: le test ultime. On n’entend que de l’Italien et on se sent vraiment en voyage. J’ai fini Clam Down, le livre où Anelise se métamorphose en palourde, et le lendemain Mathieu nous a préparé des spaghetti alle vongole. Maintenant je commence le premier livre de la tétralogie napolitaine d’Elena Ferrante (traduit en anglais, tant pis).
Après une baignade, une balade sur les rochers et un déjeuner au café, on prend la route du sud de l’île. On croise des figuiers de Barbarie, aux fruits roses jolis et épineux. Je cherche l’origine de ce drôle de végétal. Barbarie est un nom donné au Maghreb durant la Renaissance italienne. Les arbustes, des cactus, ont été rapportés en Espagne par les conquistadors, d’où ils ont été plantés autour de la Méditerranée. Ils signalent un certain climat, et une certaine histoire.
Sur la route, on s’arrête à Oristano, au supermarché Nonna Isa, qui se vante d’être 100% sarde. C’est toujours aussi réjouissant pour moi d’explorer les supermarchés locaux que les églises, les musées ou les plages. Dans celui-ci, on s’attarde au rayon gâteaux. Les enfants ont découvert la marque Mulino Bianco et ses Pan di Stelle, de petits biscuits au chocolat constellés d’étoiles en sucre. On prend aussi des fruits et de quoi agrémenter les plats de pâtes du dîner.
Après un arrêt supplémentaire, car la route est longue, on arrive à la Spiaggia di Piscinas, qui est dépourvue de piscines mais cachée derrière un désert de dunes spectaculaires. La piste en cailloux est dure mais l’arrivée en vaut la peine: on se sent immergé dans la nature. Deux paillotes rappellent la civilisation et sont bienvenues après une après-midi de voyage. On se baigne, et j’enlève mon maillot au large: nothing else matters! On dîne au restaurant L’Oasí, le bien nommé.
