
On est en Italie! On a débarqué quasiment au petit matin, avec plus de six heures de retard. On a déplacé les enfants endormis et nos affaires tels des zombies jusqu’au van, au sous-sol du ferry. Une fois sortis on a repéré un endroit proche où finir la nuit et Ambroise nous y a conduits sous un ciel rose d’aube. C’était une nuit hachée mais comme prévu, jamais les matelas fins et étroits du van ne m’ont paru si confortables. Au réveil, la couchette du haut, où j’ai dormi, était une étuve: le soleil tape fort dès 9h ici.
Hier, au restaurant du bateau, on a goûté à notre première pizza italienne, qui, malgré le contexte peu amène, ne nous a pas déçus. La journée d’aujourd’hui s’est passée sur des transats de plage pour récupérer des deux courtes nuits d’affilée. Au déjeuner, on a grignoté des restes complétés par le bar. La part de pizza rossa de base était un régal. On est restés sur notre lancée ce soir avec une pizzeria du village, qui servait des tranches de pizzas à la fleur de courgette exquises pour quelques euros pièce.
Outre ses pizzas à la fleur de courgette, j’aime l’Italie parce que c’est un pays très romanesque. Un de mes livres préférés de Marguerite Duras est le roman Les petits chevaux de Tarquinia, qui se passe dans un petit village côtier l’été. Les personnages, entre autres débats absurdes, discutent d’aller à Tarquinia visiter la nécropole étrusque. Lorsqu’on a vu que c’était à côté du port où on a débarqué, on a décidé d’y aller – Ambroise pour les fresques et moi car tout ce que dit M.D. est parole d’évangile.
Demain, on ira voir les fresques qui ont inspiré le titre du livre, celles du tombeau du Baron et d’autres aussi. En attendant, je relis l’histoire de Sara et Jacques et leur enfant et Ludi et Gina et Diana et l’homme au bateau à moteur, qui se posent beaucoup de questions sur l’amour, l’amitié, le moment idéal pour aller à la plage, et la douleur des parents du jeune démineur. Spoiler alert: il ne se passe pas grand-chose d’autre que ces questions, mais elles contiennent beaucoup de l’âme humaine. L’Italie aussi.
