Vanlife J21

Une semaine en Italie aujourd’hui. Au supermarché hier j’ai acheté trois bocaux d’artichauts confits. « On en rapportera à Paris! » ai-je prétendu en les rangeant dans le placard du van. Il n’en reste qu’un seul à l’heure où j’écris. Hier soir, après la plage, on s’est repliés dans le van pour déguster un régal de jambon cru et melon, pâtes à la tomate, et salade de roquette avec les fameux carciofi. Ce soir, c’était foccaccia à la mortadelle et aux tomates cerises, avec la même salade. 

La salade de ce soir était peut-être meilleure encore, car je l’ai dégustée sur le parking du port de Civitavecchia. Le Autostrade del Mare! On part pour Olbia, en Sardaigne, où – inch’Allah – on se réveillera demain matin. Le ferry a du retard mais il a fini par arriver, débarquer ses passagers, et nous laisser monter. À bord, des voitures, des camping-cars, quelques vans – tous italiens. On s’est garé à fond de cale et on est montés avec les sacs qu’on avait préparés.

À l’intérieur, la cohue n’était pas aussi terrible que prévu. Il restait des canapés libres dans un grand salon, qu’on a tout de suite occupés. Heureusement qu’on a passé une journée tranquille sur la presqu’île et dans les environs: la nuit s’annonce courte et discontinue. Des plafonniers aussi nombreux et vifs que dans une salle d’examen me vrillent la rétine. Le bateau vibre avec son moteur et bouge sur les vagues dehors. Je m’en fiche: je suis en vie et je file sur une île.

On est sortis sur le pont voir la lune, qui est pleine. Seule, blanche et brillante sur une mer d’encre – c’était magique. J’ai frissonné malgré la moiteur qui vous saisit en quittant l’air conditionné de l’intérieur. La lune et la mer – qu’y a-t-il de meilleur? Admirer ce spectacle en pleine nuit avec les enfants blottis m’a remise d’aplomb sur la vie entière. Voyager en bateau, même un ferry commercial avec des voisins en couverture polaire imitation Louis Vuitton, est toujours une chance. 

En van, pareil: ça fait trois semaines et la vanlife est fidèle à elle-même: simple, généreuse, épuisante, surprenante. La poignée de ma portière est cassée, le mécanisme de la banquette est abîmé, la toile et la moustiquaire du toit sont percées, le frigo est cassé. On s’adapte. À côté dans la pinède hier, un autre van était garé: le même modèle VW, mais dernier cri, tout automatisé. On l’observait lorsque soudain en sont sortis 5 petits enfants allemands et leurs parents.

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